Dans la période de pandémie mondiale que nous vivons, avec plus de la moitié de la population mondiale appelée à se confiner, chacun espère qu’un miracle vienne nous sauver et apaiser nos peurs.

Cependant, l’histoire nous apprend que les grandes avancées qui ont sauvé l’humanité ont souvent été le fruit d’un long travail de recherche, mêlé à des découvertes fortuites. Espérons donc plutôt que notre médecine prenne le dessus sur le virus et que chacun assume sa capacité à protéger les autres en restant chez soi. C’est peut-être moins glamour mais tellement plus responsabilisant !

Il ne fait nul doute que nous sortirons tôt ou tard de nos appartements, que nous nous y sentions seuls ou au contraire que nous nous y marchions sur les pieds. En attendant, voici un petit rappel en 10 étapes que nous pouvons avoir confiance dans nos capacités à sauvegarder nos corps, nos esprits et nos civilisations.

1. Le feu

Tout le monde s’accorde à dire que l’homme (ou plutôt son ancêtre) n’a pas découvert le feu, mais plutôt appris à le maîtriser. Il a certainement d’abord remarqué des feux naturels et trouvé le moyen de s’en servir avant d’apprendre à le provoquer à dessein.

La domestication réelle du feu remonte à 800 000 ans avant le présent. Mais en quoi le feu a-t-il sauvé notre humanité ? Il a en réalité permis de la constituer, grâce à ses nombreuses propriétés. La cuisson des aliments, d’abord, a permis de faciliter la digestion de nos ancêtres, leur fournissant l’énergie supplémentaire dont le cerveau avait besoin pour se développer et permettant de diminuer la taille de sa mâchoire, qui libéra ainsi de la place pour ce même cerveau.

La lumière fournie par le feu a permis d’investir les cavernes, de se protéger des prédateurs. Sa chaleur de conquérir des zones plus
froides du globe et, petit à petit, de développer des techniques qui ont contribué à faire de l’homme ce qu’il est aujourd’hui : fabrication d’outils plus solides, poterie, métallurgie, sans compter que les échanges ont été
facilités par la réunion des membres d’un même groupe autour d’un foyer commun.

2. Le miel

Le miel était connu dès la Préhistoire et a certainement été apprécié pour sa valeur énergétique et son bon goût sucré. Mais ce n’est pas ce qui nous intéresse ici. La découverte de ses vertus thérapeutiques en Inde, en Chine ou en Egypte vers 2 000 ans avant notre ère a probablement été l’une des grandes découvertes médicales qui, depuis, ont maintes fois sauvé l’humanité, de la pénicilline à la transfusion sanguine.

En Egypte, par exemple, le miel était appliqué en cataplasme sur les plaies pour ses propriétés antimicrobiennes et cicatrisantes. Preuve de son efficacité, le miel est encore aujourd’hui utilisé dans le traitement des plaies
récurrentes.

Les abeilles ont donc bien des raisons d’être protégées !

Le papyrus dit d’Edwin Smith, qui atteste qu’en 1 500 avant notre ère, les Egyptiens utilisaient du miel pour ses propriétés médicinales
Domaine public / source : Wikimedia Commons

3. L’imprimerie

Que vient donc faire l’imprimerie dans ce palmarès, me direz-vous ? Je vous répondrais que l’humanité ne se résume pas à nos corps, elle réside surtout dans nos esprits et dans notre culture commune.

L’imprimerie mécanique, qui aurait été inventée par Gutemberg en 1450, est l’héritière d’une longue tradition de copie et de reproduction des œuvres, écrites ou dessinées, remontant aux scribes égyptiens, en passant par la xylographie, l’encre et le papier extrême-orientaux, qui ont progressivement trouvé le chemin de l’Occident.

Ces nombreuses techniques ont permis la sauvegarde et la diffusion du savoir et par là-même, la redécouverte de l’Antiquité à la Renaissance, le développement de la recherche scientifique et de l’école, mais aussi la
prise de conscience de l’individu, qui a donné lieu à la Réforme protestante ou encore au développement de l’humanisme.

4. L’hygiène

La découverte et la mise en oeuvre de grands principes d’hygiène au XIXe siècle ont permis de faire diminuer drastiquement la mortalité due à la propagation de maladies. Nous citerons ici deux figures majeures
de ce combat. Tout d’abord, le Docteur Ignace Philippe Semmelweis, qui instaura en 1847, dans son hôpital de Vienne, l’obligation pour les médecins de se laver les mains avant chaque opération ou examen. Il fit ainsi
chuter la mortalité de 18% à 0% en quelques mois !

Docteur Ignace Philippe Semmelweis

Le second personnage emblématique est Eugène-René Poubelle, préfet de la Seine, qui imposa dès 1883 à Paris, la présence de réceptacles communs pour disposer les ordures dans les immeubles, ainsi que le tri des
déchets. Ces réceptacles ont rapidement pris son nom… mais ne se généralisèrent dans tout le pays qu’après la Seconde Guerre mondiale.

5. Les micro-organismes

Une découverte scientifique majeure mérite en particulier sa place dans ce top 10 : celle des micro-organismes et, grâce à cela, l’invention du vaccin par Louis Pasteur au XIXe siècle. La rédaction a déjà consacré un article
au rôle éminent de ce grand scientifique dans la lutte contre les virus, allons donc ici plus loin.

Certains vaccins créés depuis l’invention de Pasteur ont sauvé un nombre particulièrement important de personnes, comme celui contre la diphtérie et le tétanos, inventé en 1926, qui aurait évité la contamination à 60 millions de personnes, ou celui contre la rougeole, datant de 1958, qui en aurait sauvé 118 millions !

Un chercheur américain, Jonas Salk, doit ici être mentionné : il a créé le vaccin contre la poliomyélite en 1953 et décidé de le donner à l’humanité, renonçant à un bénéfice de 7 milliards de dollars pour que son invention bénéficie à tous.

Ça change ! Merci !

Jonas Salk, l’inventeur du vaccin contre la poliomyélite
Par SAS Scandinavian Airlines / source : Wikimedia Commons

6. La pomme de terre

Cultivée depuis le Néolithique en Amérique du Sud, la pomme de terre était l’un des aliments de base des civilisations inca, mapuche et chibcha, à tel point que les Incas vénéraient Axomama, la déesse de la pomme de terre.

Représentation d’Axomama, la déesse de la pomme de terre

Le tubercule traverse l’Atlantique au XVIe siècle, importé en Espagne et en Angleterre par les conquistadors et autres explorateurs. Il reste longtemps assez déconsidéré, parfois même soupçonné de véhiculer la lèpre !

Ce sont les grandes famines qui touchent l’Europe au XVIIIe siècle qui favorisent l’adoption de la pomme de terre. En France, le nom d’Antoine-Augustin Parmentier est resté célèbre : convaincu de ses qualités nutritives, il parvient, avec le concours du roi Louis XVI, à en diffuser la consommation dans les années 1785.

La pomme de terre devient un aliment central sur tout le continent, tant et si bien que l’épidémie de mildiou qui attaque les plants dans toute l’Europe du Nord-Ouest à partir des années 1840 fait plus d’un million de morts, particulièrement en Ecosse et en Irlande, provoquant ainsi une émigration massive de ces populations vers les Etats-Unis.

La pomme de terre reste aujourd’hui un aliment brandi contre les famines, et qui a l’avantage de pouvoir être cuisiné de mille et une délicieuses façons!

7. L’eau potable

Selon l’OMS, 3 à 5 millions de personnes meurent chaque année de maladies liées à la consommation d’eau non potable.

Iron bucket with water well

Les méthodes permettant de rendre l’eau potable ont donc toute leur place dans ce palmarès. La chloration de l’eau, développée au début du XXe siècle, est pionnière en la matière. L’ajout de chlore, sous forme de pastilles ou de solutions chlorées, permet de tuer tous les micro-organismes que l’eau contient.

Une méthode rapide et peu coûteuse bien utile pour le cinquième de la population mondiale n’ayant pas accès à l’eau potable, mais qui est aussi utilisée dans 80% des réseaux publics de distribution de l’eau !

D’où le goût que vous sentez parfois dans l’eau du robinet…

8. La numérisation 3D

Hein ? La numérisation 3D a sauvé l’humanité ? Eh bien oui, une de ses applications est en train de sauvegarder les marqueurs les plus emblématiques de notre civilisation : notre patrimoine.

La startup française Iconem a décidé d’utiliser les techniques les plus modernes de numérisation, d’images par drone et de reconstitution 3D pour reproduire les monuments en péril ou même détruits.

Des expositions présentées au Grand Palais en 2016 ou à l’Institut du Monde arabe en 2018, dévoilaient notamment plusieurs sites syriens et irakiens irrémédiablement endommagés par les conflits armés et reconstitués grâce à la technologie.

Un travail de fourmi qui peut servir de support à la recherche scientifique et conserve le témoignage de notre humanité commune.

Sites éternels : l’exposition au Grand Palais

9. Le continent de plastique

Depuis plusieurs décennies, le plastique a pris une place majeure dans notre mode de consommation et l’immense majorité n’est pas recyclé.

300 millions de tonnes de déchets polluent aujourd’hui nos océans,
formant notamment le fameux « continent de plastique » de l’océan Pacifique.

La prise de conscience de cette pollution invisible pour la plupart d’entre nous a permis de faire émerger de nombreuses initiatives qui pourraient bien contribuer à rétablir un équilibre et sauver notre planète.

Le projet le plus médiatique est celui de The Ocean Cleanup qui, grâce à une barrière flottante de plusieurs centaines de mètres de long, balaie la surface des océans de ses déchets.

The SeaCleaners, association portée par le navigateur Yvan Bourgnon, prépare quant à elle un voilier capable de récupérer 150 tonnes de plastiques et de les compacter pour un recyclage ultérieur.

Un aperçu du projet Manta développé par The SeaCleaners !

Mais le ramassage des ordures n’est que le bout de la chaîne.

Des projets de captation des ordures sur les côtes et dans les ports ont donc aussi vu le jour, comme « Mr. Trash Wheel » du Waterfront Partnership of Baltimore ou la Seabin (poubelle des mers), qui ont pour but que les déchets soient ramassés avant même d’atteindre les océans.

Enfin, comme il faut avant tout changer nos habitudes de consommation et de recyclage, une organisation comme Plastic Odissey s’attelle quant à elle à
la sensibilisation et à l’initiation de projets locaux. Une vision globale est nécessaire pour faire face à cet enjeu majeur de notre siècle !

Plastic Odyssey, le navire qui marche aux déchets plastiques

10. L’espace

Et si nous ne parvenons pas à sauver notre planète face aux problématiques de biodiversité, de pollution, de changement climatique ou d’accès aux ressources, peut-être arriverons-nous à sauver l’humanité en nous tournant vers l’espace ?

C’est en tout cas le projet – ou le rêve – d’Elon Musk, fondateur de SpaceX, qui projette de coloniser la planète Mars dès 2024. Il imagine à terme une communauté humaine d’un million de personnes sur la planète rouge !

La planète Mars vue par la sonde spatiale Rosetta en 2007
Par European Space Agency / Source : Wikimedia Commons

Mais si les vaisseaux pour y parvenir sont dans son domaine d’expertise, de
nombreuses questions ne sont pas encore réglées pour envisager une survie de l’homme sur cette planète hostile.

En tout état de cause, cette ébullition ne peut être que bénéfique pour notre humanité. C’est dans des moments de crise que nous avons toujours su déployer le meilleur de nous-mêmes et faire progresser la science et les idées.

Par Laure Armand d’Hérouville,

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(2 commentaires)

  1. Article positif dans son ensemble reste a espérer que l’homme du XXI ièm siècle reste humble et prudent devant cette pandémie!!!

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