Les mouvements sont l’illustration même de l’évolution de l’art, en transformation constante au fil du temps. Mais finalement cette notion qui semble évidente, est-elle juste, d’où vient-elle et surtout quand est-elle née ?

Existence de la notion de mouvement

L’histoire de l’art en tant que discipline commence au XVIe siècle avec notre cher Giorgio Vasari, à l’origine d’une première démarche de typologie historique des artistes. Il va dresser un répertoire des artistes en utilisant des termes comme « style » ou parler « d’école ».

Giorgio Vasari est un peintre, architecte et écrivain toscan. Son recueil biographique Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes, particulièrement sa seconde édition de 1568, est considérée comme une des publications fondatrices de l’histoire de l’art.

Il faudra attendre le XIXe siècle pour que l’idée de mouvement apparaisse véritablement. Ce sont les critiques qui vont nommer ces mouvements à une époque où ils ont une place déterminante. Les critiques ne sont pas les seuls à participer à la naissance d’un mouvement, il y a aussi les collectionneurs, les galeristes…

Le mouvement ouvre donc l’ère dynamique de la modernité.

Mais quels sont ces mouvements ?

Le néoclassicisme

Certains continueront à parler de style mais nous sommes à deux pas de la notion de mouvement.

Le néoclassicisme est un marqueur de transition entre le XVIIIe et le XIXe siècle. Il se caractérise par un retour à l’antique, le culte du beau et des sujets mythologiques.

Le peintre Jean Louis David en est l’un des principaux représentants. Sous la Révolution, retenons son Serment des Horaces ou encore le Sacre de l’empereur Napoléon 1er, immense oeuvre de par sa taille et sa technique.

Le deuxième artiste marquant du néoclassicisme est Ingres, élève de David. C’est avant tout un dessinateur, dans la perfection de la ligne et à la recherche de la beauté, une autre caractéristique du style néoclassique.

Le romantisme

En opposition à la tradition classique, peintres, écrivains et musiciens vont exprimer leur égo et leur mélancolie; il s’agit du Romantisme.

Nous pouvons cette fois parler de mouvement, même s’il ne conduit pas à une modification de la technique picturale.

Chez nos amis Allemands la plus belle illustration du romantisme réside dans l’oeuvre de Caspar David Friedrich. Il nous invite à prendre en considération la puissance de la nature.

Caspar David Friedrich, La mer de glaces, vers 1823-1824, Kunsthalle Hambourg

En Angleterre, je retiendrais William Blake, artiste peu apprécié de son vivant qui va connaître un intérêt posthume.

En France, c’est le très célèbre Radeau de la Méduse de Géricault, considéré comme le manifeste du romantisme français. Mais le peintre du romantisme par excellence chez nous c’est Delacroix, avec notamment sa toile maîtresse Le Massacre de Scio.

L’impressionnisme

Chers lecteurs, nous entrons là dans le premier mouvement de l’histoire de l’art moderne.

En réaction au système du Salon, un événement parisien qui expose les œuvres des artistes « agréés » par les principales institutions françaises, un groupe de jeunes peintres décident d’aborder à leur manière le marché de l’art ainsi que l’esthétisme.

Il s’agit de Pissarro et Monet, rejoints ensuite par Renoir et Bazille, puis par Sisley et Morisot. Ils travaillent en plein air et expérimentent une peinture par touche afin de donner la sensation du mouvement.

Claude Monet, Soleil levant, 1872.Paris, musée Marmottan

Le Japonisme

A la fin du XIXe, lors de l’ouverture des ports japonais aux Occidentaux les relations commerciales s’intensifient et c’est à cette occasion que nous allons en prendre plein les yeux !

L’influence de l’art japonais sera considérable. Monet, Bonnard ou encore Van Gogh se passionnent pour les estampes. En découvrant celles de maîtres comme Hokusai ou Hiroshige, ils vont découvrir de nouvelles manières d’aborder la perspective.

Les avant gardes

Au XXe, les artistes vont aller encore plus loin en nette rupture avec l’esthétisme et vont marquer de nouveau l’histoire.

Le Cubisme, des recherches de styles et non un mouvement

Contrairement à ce que l’on pense généralement, le cubisme historique, celui de Braque et Picasso, n’est pas véritablement, selon moi, un mouvement.

Guernica, Picasso

Il faudra attendre le cubisme dit « classique » ou la Section d’Or pour voir véritablement un groupe d’artistes, dont Gleizes et Metzinger qui vont publier un plaidoyer Du cubisme en 1911.

Finalement tout part de Cézanne qui invente une nouvelle représentation de l’espace et de Gauguin avec sa simplification des formes et ses influences primitives.

Paul Cézanne, La Montagne Sainte-Victoire vue du bosquet du Château Noir

Futurisme, le premier mouvement d’avant garde

Son influence sur les dada et les surréalistes est très grande. La relecture du Manifeste des peintres futuristes permet de constater la radicalité du mouvement :

« Tout est conventionnel en art. Rien n’est absolu en peinture. ».

La Première Guerre mondiale sonnera le glas des aventures de ce mouvement d’importance.

Luigi Russolo, La Musica, 1911/ 1912, Musée d’art moderne Italien

Après-Guerre et postmodernité

Aux États-Unis, les artistes vont bénéficier d’un programme d’État ce qui va favoriser le développement de l’expressionnisme abstrait avec des figures comme Pollock, De Kooning, Rothko…

Summertime, Pollock

En Angleterre né le Pop Art qui désigne la culture de masse. Hockney utilisera cet univers et Warhol en sera la figure tutélaire aux États-Unis.

En France le réveil sera long ; des artistes comme Hartung ou Soulages se regroupent sous l’appellation d’École de Paris. C’est aussi la naissance de l’Art Brut avec Dubuffet, Chaissac…

Au-delà du noir, Pierre Soulages

Et que se passe-t-il au XXIe siècle ?

Des individualités artistiques se détachent ; Koons en est une figure incontournable, dont les créations, sans équivoque, sont dans l’héritage de Marcel Duchamp.

Easyfun Lips, Jeff Koons, 2001

D’autres mouvements apparaissent comme le Stuckisme fondé en 1999 par Billy Childish et Charles Thomson prônant une peinture figurative.

Et j’aimerais enfin mentionner le doux nom du Superflat dont le principal représentant est le très médiatique artiste japonais, Takashi Murakami.

Takashi Murakami, Kakai Kiki and me, lots of fun

Par Nicolas Samson-Agnez,

(3 commentaires)

  1. J’en ai beaucoup appris sur ces Ecoles de peintures je dois dire que beaucoup ne me parlais pas beaucoup Merci

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