1. Ramsès II, le pharaon bâtisseur

Nous avons tous en tête les pyramides à la gloire des pharaons et dignitaires égyptiens mais la démesure architecturale des grands rois égyptiens ne s’arrête pas à leurs tombeaux.

Afin d’asseoir son règne – de 1304 à 1214 av JC – Ramsès II entreprend la construction de ce que Champollion a nommé le Ramesseum. Il me sera difficile de vous donner le ou les noms des architectes de cette oeuvre collective – à l’image de nos cathédrales au XIIIes– il devait s’agir de proches conseillers du Pharaon.

Au regard de l’influence et de l’intérêt pour la construction du Ramesseum jusqu’à nos jours, il est certain que ces architectes anonymes ont apporté une véritable leçon d’architecture pour l’éternité.

Restes de la deuxième cour, colonnes et statues osiriaques du Ramesseum

Le chantier du Ramesseum a commencé en l’an II du règne de Ramsès et s’est probablement terminé 20 ans plus tard. Cet immense complexe politique et religieux s’étendait sur 10 hectares et comprenait un palais,
des appartements et une zone liée au commerce.

Constat frappant, à la même époque en Europe, nous avons des civilisations prospères comme les mycéniens qui vont être à l’origine de la cité de Tirynthe en Grèce, mais rien de comparable à la complexité et grandeur des ensembles architecturaux égyptiens.

2. La postérité de Vitruve

Cet architecte romain a exercé sa profession probablement sous Jules César. Sa postérité il ne la doit pas à des bâtiments qui pourraient lui être attribué, car nous n’en savons pas grand chose, mais à son traité « De architectura » dédié à l’Empereur Auguste.

L’influence de ce texte est considérable à partir de la Renaissance et notamment en raison de l’humaniste Alberti qui va entreprendre une reformulation des dix livres composant « De Architectura », vers 1452.

Léonard de Vinci fera hommage à Vitruve avec son dessin « l’homme de Vitruve » que nous avons tous en mémoire. Par la représentation des dimensions du corps humain, le message est pour l’architecte de respecter la proportion entre les différentes parties architecturales et le monument dans son entier.

L’homme de Vitruve, Léonard de Vinci, vers 1492, Galerie de l’Académie, Florence

Beaucoup plus tard Le Corbusier tentera une synthèse, la silhouette du Modulor, des rapports du corps humain avec les figures du cercle et du carré.

Silhouette du Modulor, Le Corbusier

3. Sinan, architecte impérial du Sultan

Alors que Michel-Ange travaille sur l’immense chantier de Saint-Pierre de Rome, sous le règne des empereurs ottomans, Sinan- chrétien d’origine- est nommé architecte en chef de l’empire. On dénombre pas moins de 474 édifices pour lesquels il va superviser les travaux.

Son chef d’oeuvre- et il le revendique – est la mosquée Selimiye d’Edirne (1569-1575). Elle domine la ville d’Edirne avec sa coupole monumentale entourée de quatre minarets, la décoration intérieure est faite en céramique d’Iznik.

Vue de La Mosquée Selimiye d’Edirne

La mosquée et son ensemble ont été inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2011.

4. Vauban, le maître des citadelles

« Toute ville assiégée par Vauban, ville prise, Toute ville défendue par Vauban, ville imprenable. »

Proverbe du vivant de Vauban

Vauban est en quelque sorte un constructeur de génie au nom de la guerre. À partir de 1655 il devient ingénieur ordinaire du roi et participe à la plupart des sièges majeurs de cette période.

En 1668 il est nommé gouverneur de la citadelle de Lille en même temps qu’il en dirige les travaux. C’est l’un de ses ouvrages majeurs, dite « la reine des citadelles ».

Première enceinte de la Citadelle Vauban de Lille, site Parc de la Citadelle

Cet ouvrage fera office d’exemple pour les autres citadelles construites par Vauban par la suite. Vue du ciel on observe sa forme pentagonale si caractéristique, cinq bastions viennent défendre l’enceinte.

En 1673, il convainc Louis XIV de mettre en place une ceinture de places
fortes aux frontières, c’est le fameux « pré carré ». En 1678, il devient commissaire général des Fortifications.

Vauban laisse derrière lui des centaines de forteresses et ouvrages fortifiés.

5. Antoni Gaudi, l’architecte des temps modernes

La contribution de l’architecte Catalan au développement de l’architecture et des techniques de constructions à la fin du XIXe et au début du XXe siècle est exceptionnelle. En témoigne l’inscription de 7 de ses réalisations architecturales au patrimoine mondial de l’Unesco.

La Sagrada Familia est l’un de ces bâtiments. Monument emblématique de
Barcelone en construction depuis 1882, cette basilique est l’illustration de l’oeuvre très personnelle, éclectique et hors norme de Gaudi, en terme de matériaux, de plans et de l’apport de la lumière.

Vue de la Sagrada Familia, photo de Daniel Kraft, 2019

Pour l’anecdote, et aussi incroyable que cela puisse paraître, la basilique se construisait de façon illégale depuis 137 ans ! La fin du chantier est programmée en 2026, soit 100 ans après la mort de l’architecte.

6. Le Corbusier

Autre grand penseur de la modernité architecturale, Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier, introduit des idées nouvelles comme purisme et fonctionnalisme.

À l’image de nos précédents visionnaires, son oeuvre est immense avec la construction de plus de 72 bâtiments dans le monde. L’une de ses réalisations iconiques est L’unité d’habitation à Marseille ou Cité radieuse, qui est la première de ces unités et caractéristique de ses recherches.

Vue de la Cité Radieuse, Marseille, photo de Fred Romero

Cette Cité présente le projet ambitieux et engagé d’un nouveau mode d’habitat collectif autonome avec la présence à l’intérieur du bâtiment de commerces, d’un hôtel-restaurant, d’une école. Le choix du béton pour la structure et des modules standards pour l’intérieur indiquent la rationalité brute de l’ensemble.

7. Frank Gehry

Il est considéré comme l’un des architectes vivants les plus importants.
La maison dansante de Prague, le Walt Disney Symphony Hall de Los Angeles, le Musée Guggenheim, la New York Tower, c’est lui !

On note dans l’ensemble de ses réalisations le choix de matériaux techniques et innovants, des formes voluptueuses et des angles droits, une monumentalité des blocs généraux cassés par des formes voluptueuses et des rubans enveloppant l’ensemble.

La Fondation Louis Vuitton à Paris, autre de ses récentes réalisations spectaculaires, illustre bien l’approche non conventionnelle de Gehry ; ici tel un navire toute voile dehors ou un nuage.

Fondation Louis Vuitton, Bois de Boulogne, Paris

Les formes de ses réalisations sont si complexes qu’un logiciel de conception a été créé spécialement par son cabinet d’architecture.

Par Nicolas Samson-Agnez,

(1 commentaire)

  1. Eh oui des génies et tous n’avaient pas le même matériel de construction…étonnant!!!

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