Des terres corses au trône d’empereur, Napoléon Bonaparte demeure une figure politique incontournable à la destinée romanesque. A la découverte de cet ambitieux qui a fait frémir l’Europe du XIXème siècle.

Tout commence un certain 15 août 1769, sur l’île de beauté. Charles Bonaparte, avocat au conseil supérieur de l’île et Letizia Ramolino accueillent alors, en ce jour de la Sainte-Marie, patronne de la Corse, leur deuxième fils, Napoléon. A l’âge de 10 ans, le futur empereur, après avoir obtenu une bourse, rejoint le continent pour intégrer l’école militaire de Brienne. Néanmoins, habitué à s’exprimer dans un dialecte corse, il peine à parler français : une lacune qu’il tente d’estomper malgré un accent tenace qui ne le quitte pas. A l’âge de quinze ans, il intègre l’école militaire de Paris, où ses talents en mathématiques lui permettent de se distinguer. A la fin de ses études, il intègre un régiment d’artillerie à Valence en tant que lieutenant-second, avant de prendre part à la Révolution Française où il se fera remarquer lors du siège de Toulon contre les Anglais. Cependant, ses amitiés avec les Jacobins lui vaudront d’être emprisonné après la chute de Robespierre en 1794. Son courage, sa vaillance et sa parfaite connaissance des stratégies militaires lui permettent de monter rapidement les échelons, si bien qu’en 1796, le commandement de l’armée d’Italie lui est confié. Une popularité et une ascension crainte par le Directoire qui tente de l’éloigner de Paris en lui confiant l’Invasion de l’Egypte…en vain. Suite aux pertes humaines de ses troupes et ayant eu vent des difficultés du Directoire, le général Bonaparte décide de rejoindre la capitale. Guidé par ses ambitions, il profite de ce moment de faiblesse pour s’emparer du pouvoir par un coup d’Etat, le fameux coup d’Etat du 18 Brumaire, et se fait nommer premier consul.

Napoléon Bonaparte Premier Consul, François Gérard (1803)

Une soif de pouvoir…insatiable

Son nouveau statut est loin de faire l’unanimité. Ainsi, le 24 décembre 1800, il parvient à s’échapper d’un attentat rue Saint-Nicaise à Paris, faisant une dizaine de morts. Attribué aux royalistes, Napoléon fait arrêter et fusiller le duc d’Enghien afin de mettre en garde ses détracteurs. Suite à cet épisode où il a failli perdre la vie, ses partisans lui insufflent l’idée de créer une dynastie avec un pouvoir héréditaire dans l’objectif de protéger les institutions de la République. Après s’être fait élire consul à vie en 1802, deux ans plus tard, le 18 mai 1804, il se fait proclamer empereur des Français, sous le nom de Napoléon Ier, à la cathédrale de Notre-Dame de Paris. Un sacre, aux côtés de son épouse Joséphine de Beauharnais, dont la magnificence a été immortalisée par le tableau de Jacques-Louis David, aujourd’hui conservé au Louvres.

tableau du sacre de Jacques-Louis David

Aussitôt aux rênes de la France, Napoléon ne tarde pas à réformer  l’administration, le système judiciaire, l’éducation ainsi que la finance. Il créé ainsi la Banque de France ainsi que le Code Civil en 1804. Son appétit de conquérant ne tarde pas à se manifester. Désireux d’anéantir les Anglais, il élabore un plan pour envahir l’Angleterre, mais ses flottes se font surprendre par les Anglais au large de l’Espagne, à Trafalgar le 21 octobre 1805. Un échec cuisant pour Napoléon, qui ne se résigne pas à refouler ses ambitions conquérantes. Alors qu’une grande coalition composée de l’Autriche, de la Russie, de la Suède et de Naples se crée pour endiguer l’expansion napoléonienne, l’empereur de France remporte la bataille d’Austerlitz le 2 décembre 1805 contre l’Autriche et la Russie. Puis après avoir vaincu les armées prussiennes, le traité du Tilsit, signé par le tsar Alexandre Ier, permet à la France ainsi qu’à la Prusse de se partager l’Europe. Il se fait alors appeler Napoléon le Grand. Son empire est à son apogée et s’étend sur 750 000 km2. Au niveau personnel, faute de descendant, Napoléon est contraint de divorcer de son grand amour, Joséphine de Beauharnais, épousée en 1796. Il se marie alors avec la fille de l’empereur d’Autriche, Marie-Louise. Un remariage stratégique consistant à obtenir dans un premier temps un héritier mais également d’unir sa dynastie avec une famille régnante d’Europe.

De la déchéance à une renaissance

Vaincu à Leipzig le 19 octobre 1813 lors de la Bataille des nations par les armées russo-prusiennes, Napoléon se replie en France. Une grande coalition composée de la Grande-Bretagne, de la Russie, de la Prusse et de l’Autriche, se forme en 1814, dans l’objectif d’anéantir Bonaparte. Paris est alors envahie et l’empereur est contraint d’abdiquer puis envoyé en exil sur l’île d’Elbe. Le trône de France est alors remis au roi Louis XVIII. Vaincu, certes, mais loin d’être anéanti, Napoléon ne se résout pas à rester sur cette humiliation. Il parvient à s’échapper de l’île d’Elbe et rejoint la France en mars 1815. Tandis que l’armée française a eu ordre de l’arrêter, elle se range sous le commandement de ce dernier, lui permettant de monter à Paris et de reprendre le pouvoir, le roi Louis XVIII ayant fui son trône. Débute alors les Cent-Jours, du 20 mars au 22 juin 1815, où l’empereur tente de reconquérir son pouvoir et de rétablir tout ce qu’il avait institué sous son premier règne. Les puissances européennes se regroupent de nouveau, bien déterminée à en découdre définitivement avec Napoléon. Ce dernier se fait violemment écraser à Waterloo le 18 juin 1815, par les troupes de la coalition. Il abdique alors une seconde fois.

La bataille de Waterloo. 18 juin 1815. Clément-Auguste Andrieux, 1852

La fin de l’ère napoléonienne

Exilé sur l’île Sainte-Hélène, en territoire britannique, l’empereur déchu rédige ses mémoires, le Mémorial de Sainte-Hélène. Il y vit durant six années avant de mourir le 5 mai 1821. D’abord enterré sur l’île, le roi Louis-Philippe demande, en 1840, le rapatriement du corps de Napoléon afin de le placer dans un tombeau aux Invalides, à Paris. L’ancien Empereur avait décidé en 1800 de faire du Dôme des Invalides « un panthéon des gloires militaires ». Suite à d’importants travaux menés par l’architecte Visconti, la dépouille de Napoléon Ier est déposée aux Invalides, le 2 avril 1861.

Tombeau de Napoléon

L’héritage de Napoléon

Le premier Empereur de France n’a pas seulement marqué l’histoire, il a également laissé de nombreuses empreintes de ses années de règne dans le paysage actuel. En effet, nous devons à Napoléon Ier de nombreux monuments parisiens, connus dans le monde entier, comme l’Arc de Triomphe, conçu après la victoire d’Austerlitz, en 1805, dans le désir de glorifier ses troupes, leur promettant de rentrer dans leur foyer que « sous des arcs de Triomphe ». L’exilé de Sainte-Hélène est également à l’origine de la colonne Vendôme, du palais Brongniart, de la Bourse de Paris, de l’église de la Madeleine, mais aussi du pont des Arts, du pont d’Austerlitz et du pont d’Iéna. En ce qui concerne la vie quotidienne, nous devons beaucoup d’avancées à Napoléon, tel que la création d’un réseau d’égouts, mais aussi de trottoirs et de caniveaux, afin de lutter contre les odeurs nauséabondes liées aux eaux usées, ou encore le numérotage des maisons avec le système pair-impair établi en fonction du sens du courant du fleuve. Et puis, bien évidemment, nous devons à l’ingéniosité de Napoléon, le Code civil, une véritable avancée juridique, qui a permis d’uniformiser les règles de vie commune des Français, autrefois soumis à des lois variables en fonction de leurs conditions sociales. Même si ce dernier a suivi des modifications, compte-tenu des évolutions sociétales, il constitue le fondement du droit civil actuel.

Par Caroline Garnier,

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