Le plus grand bassin minier de France (et aussi l’un des plus grands d’Europe du Nord-Ouest !) s’étend sur près de 4000 hectares dans les Hauts de France. Riche en patrimoine industriel, architectural et naturel, il traduit un passé de trois siècles d’exploitation du charbon.

Et quoi de mieux pour partir à la découverte de ce patrimoine exceptionnel que de se rendre au Centre Historique Minier de Lewarde ? Il s’agit du plus important musée minier français. Venez plonger au cœur de la mine, laissez-vous entrainer par les récits des mineurs et découvrez pas à pas cette histoire industrielle et humaine…

La création du Centre Historique Minier de Lewarde

Vue générale du site © Centre Historique Minier

Le bassin minier du Nord-Pas de Calais est le seul gisement de grande dimension entièrement souterrain : 120 kilomètres de long sur seulement 12 kilomètres de large. Par sa situation géographique, il se trouve au cœur d’un grand carrefour de communication entre les métropoles européennes. Au total, ce sont deux milliards de tonnes de charbon qui y ont été extraites avec un pic d’activité entre les années 1930 et 1960.

C’est à Lewarde, à 8 kilomètres de Douai, que le Centre Historique Minier a été créé en 1984. Il se situe à l’emplacement de l’ancienne fosse Delloye, au cœur du bassin minier. Cette fosse, qui a commencé son activité en 1931, a battu son record d’extraction de charbon en 1963 (plus de 440 000 tonnes !) avant d’être arrêtée en 1971, faute de rentabilité. C’est en 1973 qu’est venue l’idée d’un centre historique pour témoigner de ces trois siècles d’activité de toute cette région. La fosse Delloye, en cours de démantèlement, a été choisie en raison de son caractère de représentation de l’entre-deux guerres, de sa position centrale du bassin minier et de sa situation proche du réseau autoroutier. Au fur et à mesure des fermetures des autres fosses du bassin (la dernière en 1990), matériel et documents ont été assemblés à la fosse Delloye pour constituer les collections du centre historique.

Des collections techniques, géologiques et ethnologiques

Les galeries © E. Watteau-Centre Historique Minier

Aujourd’hui, le Centre Historique Minier de Lewarde regroupe un complexe de 8 000 m² de bâtiments industriels sur une surface de 8 hectares. Il est composé de trois structures : le musée de la mine, un centre de ressources documentaires qui conserve les archives des compagnies minières et des Houillères du Bassin Minier et un centre de culture scientifique de l’énergie qui présente les enjeux de l’activité minière. Les collections constituées au fil des années ont permis le sauvetage de tous les témoignages de l’activité du bassin (matériels, outils, machines,…). Cela a permis d’appréhender et de représenter parfaitement l’évolution des techniques et des conditions de travail au fond de la mine depuis la fin du XIXe siècle ! Le musée conserve également 1600 fossiles remontés des différents sites d’extraction du bassin minier ainsi que de nombreux objets ayant appartenu aux mineurs, témoignant de leur vie quotidienne. Grâce à ces précieuses informations et objets, le Musée propose une visite de la fosse Delloye ainsi qu’un grand espace d’exposition permanente reprenant cette grande aventure industrielle et humaine en sept thèmes !

Le bassin minier classé à l’UNESCO

Vue aerienne©P Cheuva-Centre Historique Minier

Cette volonté forte de rassembler toutes ces données a permis de sauvegarder la mémoire de ce bassin minier. Mais au-delà de sa propre histoire, ce patrimoine et les paysages du bassin minier racontent d’autres histoires : l’histoire de la révolution industrielle et de l’industrialisation, celle de l’histoire des techniques et des innovations du XIXe siècle et XXe siècle, celle de l’architecture industrielle, celle de l’habitat ouvrier… Ainsi que toutes les histoires individuelles de ceux qui ont bâti ce territoire. C’est pourquoi le Centre Historique Minier de Lewarde, au même titre que de nombreux autres sites du bassin a été classé aux Monuments Historiques et inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012. Une visite à ne surtout pas rater !

Par Ségolène Lhommée,

(1 commentaire)

  1. Effectivement ce site ( que je n’ai pas visiter mais qui semble spectaculaire ) devait être ABSOLUMENT inscrit à l’UNESCO,merci

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