« L’Homme à tête de chou » : travelling dansé en hommage à l’érotisme de Gainsbourg

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Devenue culte depuis sa création en 2009, cette pièce dansée évoque autant les travellings de films, les flashbacks de la littérature, les clips musicaux rocks que les défilés de mode. Dans cette création moderne, physique comme cérébrale, se fixe sur une bande-son parfaite la danse contemporaine sublimant les corps et la mythologie gainsbourienne.

« J’ai croisé l’Homme à tête de chou à la vitrine d’une galerie d’art contemporain. Sous hypnose, j’ai poussé la porte, payé cash, et l’ai fait livrer à mon domicile. Au début, il m’a fait la gueule, ensuite il s’est dégelé et a raconté son histoire. Journaliste à scandales tombé amoureux d’une petite shampouineuse assez chou pour le tromper avec des rockers, il la tue à coups d’extincteur, sombre peu à peu dans la folie et perd la tête qui devient chou. » – Serge Gainsbourg

Une création aérienne dans l’ère du temps

Jean, chemise blanche, pardessus et vestes noires. Gainsbourg aimait s’habiller ainsi. L’uniforme des danseurs les ancrent dans une époque passée, et pourtant si actuelle. Loin des ballets classiques, les corps forment ici des arabesques modernes et ludiques. Joyeuse, moderne et onirique, la chorégraphie de Jean-Claude Gallotta est efficace. Alors que les panneaux et les chansons se succèdent, les silhouettes élancées sautent et se moquent du ridicule. Sur la bande-son mélancolique évoquant « son job à la feuille de chou », « des volutes de sèches au menthol » ou encore « quand Marilou danse reggae », l’homme à tête de chou est symbolisé par un fauteuil de bureau vide. Tout du long de ce voyage entraînant, c’est la voix chaude et fragile d’Alain Bashung qui nous accompagne.

Bientôt les femmes androgynes aux cheveux longs piquent les chemises blanches des hommes. Portées ou simplement nouées sur leurs hanches, les femmes semblent mener la danse. Des couples se forment. De dos, il est parfois difficile de distinguer les hommes des femmes. Qu’aurait pensé Gainsbourg du débat actuel sur le genre et le sexisme ? Quelles chansons et quels films aurait-il créés ?

Une symphonie qui libère le temps de la mélancolie

Sur la majestueuse scène du Théâtre du Rond Point, les hommes portent les femmes à l’horizontal au-dessus de leurs têtes comme pour les offrir aux dieux. En retour, les amazones douces et sensuelles, l’œil brillant et parfois le rouge aux lèvres, agrippent les hommes par leur jean, au ventre, dans un pur mouvement de pouvoir érotique joyeux.

Les danseurs prennent le temps de s’embrasser, respirer, se regarder et se toucher. Dans « L’Homme à tête de chou », le temps suspendu du rêve masse nos neurones. Se succèdent des danses douces comme sauvages, érotiques mais jamais vulgaires, même lorsqu’un homme ou une femme se retrouve dans le plus simple appareil. Après une course frénétique, la plantureuse femme aux lèvres rouges avance une guitare électrique contre le corps. De cette création se dégage un parfum de poésie entêtant. La narration touchante de cette création ne fait pas que suspendre l’art de Gainsbourg au vol dans nos imaginaires. Elle le transforme à la manière d’un collage d’arts multiples. À ne pas rater en cette rentrée.

affiche - l'homme à tete de chou

Pièce pour 12 danseurs chorégraphiée par : Jean-Claude Gallotta

Paroles et musiques originales : Serge Gainsbourg

Version enregistrée pour ce spectacle par : Alain Bashung

Orchestrations, musiques additionnelles, coréalisation : Denis Clavaizolle

Avec les danseurs : Axelle André, Naïs Arlaud, Paul Upali Gouëllo, Ibrahim Guétissi, Georgia Ives, Bernardita Moya Alcalde, Fuxi Li, Lilou Niang, Clara Protar, Jérémy Silvetti, Gaetano Vaccaro, Thierry Verger

Assistante à la chorégraphie : Mathilde Altaraz

Dramaturgie : Claude-Henri Buffard

Mixage et coréalisation : Jean Lamoot

Costumes : Marion Mercier

Assistanat : Anne Jonathan, Jacques Schiotto

Durée : 1h15

Bande-annonce : https://www.youtube.com/embed/YoDkNhjCJ5A?autoplay=1

Informations pratiques : « L’Homme à tête de chou » se joue jusqu’au 29 septembre 2019 salle renaud-barrault au Théâtre du Rond Point, 2 bis avenue Franklin-Roosevelt dans le huitième arrondissement de Paris. Réservations au 01 44 95 98 21 ou directement sur le site du théâtre (www.theatredurondpoint.fr).

Les représentations ont lieu du mardi au dimanche à 18h30, sauf le dimanche à 29 septembre à 15h. Relâche les 22 et 23 septembre 2019.

https://www.theatredurondpoint.fr/spectacle/lhomme_a_tete_de_chou1/

5.000-euros-pour-un-demi-billet-de-500-francs-signe-Gainsbourg

Par Aurélie Brunet,

 

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