« Amazonie » : une jungle au coeur du château de Nantes

Facebook
Twitter
LinkedIn

Derrières ces fortifications moyenâgeuses, s’abrite un haut lieu de l’histoire nantaise. Érigé au XIIIe siècle, le château des Ducs de Bretagne a servi depuis sa fonction de résidence ducale à des utilisations plus atypiques. Successivement forteresse royale, prison d’État et bunker pendant la seconde Guerre Mondiale, ce monument historique acquiert, après une longue période de rénovation, le rôle de passeur de culture. C’est ainsi qu’il abrite depuis 2007, le Musée d’histoire de Nantes.

Depuis son ouverture, les expositions temporaires s’enchaînent avec un succès renouvelé auprès des visiteurs. Depuis le 15 juin, « Amazonie, Le chamane & la pensée de la forêt » a pris place au sein du château. Le musée d’ethnographie de Genève (Suisse), qui possède l’une des plus importantes collections amazoniennes d’Europe, a accepté à cette occasion de la prêter au musée, après la première édition en son sein en 2016.

43.2-le-che-ueteau-des-ducs-de-bretagne-3-.jpg

Passé, présent et futur de l’Amazonie

Plus de 350 objets d’une ancienneté et d’une rareté étonnante se mêlent savamment aux photos, témoignages et films anciens qui documentent la vie dans cette région d’Amérique du Sud. Colliers, sarbacanes ou instruments de musique, sont autant de trésors appartenant au patrimoine amazonien. En effet, bien que la transmission culturelle de ces peuples s’appuie principalement sur l’oralité, ces traces de l’histoire et le langage de la musique qui accompagne le visiteur tout au long du parcours, rendent compte de la richesse de leur civilisation.

Le chamanisme s’articule comme fil conducteur de l’exposition,  cette pratique se trouvant au cœur de la vie des amazoniens. Figure empreinte de mystère, le chaman est porté garant de l’ordre et de l’équilibre du monde.

amazonie-capapa_rosenthal_atelier_shiroi_photo_felipe_diaz_

La scénographie invite à une véritable immersion au sein de l’univers des peuples amazoniens (Wayana, Yanomami, Kayapo et Shuar entres autres), et permettent une intime proximité avec cette culture fascinante. Les tissus verts et la lumière tamisée récréent un espace naturel, pour offrir un voyage sensoriel au sein de la forêt.

L’Amazonie est tour à tour abordée par son passé, à travers l’histoire précolombienne de cette région ; son présent, par les témoignages des populations actuelles ; et son futur, par la question de leur sauvegarde et la disparition de la forêt. Ainsi intervient le caractère politique de l’exposition.

Des voix qui l’ont entend peu habituellement, celles des habitants, sont mis au jour par les témoignages de leur souffrance quotidienne. Entre déforestation et exploitation de leurs terres, le poumon de la Terre regorge autant de richesses que d’injustice envers ceux-ci. Ce sont aujourd’hui plus de 246 ethnies qui sont menacées.

Tout amène à prendre en considération ces enjeux géopolitiques, sociaux et environnementaux, dont l’actualité se révèle d’autant plus préoccupante au regard des dernières élections brésiliennes. L’association Aquaverde propose même à la fin de la visite aux visiteurs de devenir donateur pour s’engager pour la sauvegarde de la forêt.

Ce château semble exceller dans la mise à disposition de ses lieux pour réinvestir les collections d’objets d’art de manière astucieuse et renouvelée. Il se présente ainsi comme un lieu culturel vivant et ouvert à un public diversifié, en se prêtant à d’autres usages, de l’accueil de concerts et de conférences, à des ateliers de médiation jeune public. Forte d’une fréquentation en hausse constante, cette programmation enthousiasmante résonne comme un appel à s’y aventurer et découvrir ces horizons lointains.

affiche-exposition-amazonie-nantes

Par Claire Annereau,

Facebook
Twitter
LinkedIn

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.