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Dimanche, c’est une femme d’exception qui entrera au Panthéon. Rejoignant d’illustres personnages comme Victor Hugo, Jean Jaurès et Alexandre Dumas, Simone Veil sera inhumée auprès de son époux. Une reconnaissance nationale pour celle qui n’aimait pas l’expression « devoir de mémoire », lui préférant le devoir d’enseignement et de transmission… 

Dimanche, Simone Veil, académicienne, députée européenne, femme d’état, femme de loi, politicienne, magistrate, membre du Conseil constitutionnel, ministre de la Santé, ministre de la Ville, ministre des Affaires sociales et présidente du Parlement européen sera inhumée à l’occasion d’une cérémonie présidée par Emmanuel Macron, en présence de quelque 1000 invités dont François Hollande et Nicolas Sarkozy. C’est au sein du Panthéon, édifice majestueux dessiné par l’architecte Germain Soufflot sous l’impulsion du roi Louis XV, en 1764, qu’elle rejoindra les soixante-seize personnes ayant marqué la vie, la culture et l’histoire de France, dont ce monument est devenu la dernière demeure.

De l’enfer de la déportation à la construction européenne d’après-guerre en passant par son combat, inexorable, pour l’émancipation de la femme, Simone Veil (née Simone Jacob le 13 juillet 1927 à Nice, au sein d’une famille juive non pratiquante) fut une battante, dans tous les sens du terme. Dès l’âge de 16 ans, en 1944 et juste après l’obtention de son baccalauréat, Elle sera déportée avec sa famille, à Drancy puis Auschwitz et Bergen-Belsen. Sa mère, son père et son frère ne reviendront pas de l’Enfer. Son matricule 78651, elle ne l’effacera jamais, affrontant le souvenir d’un terrible passé gravé à jamais.

« Rien ne s’efface : les convois, le travail, l’enfermement, les baraques, la maladie, le froid, le manque de sommeil, la faim, les humiliations, l’avilissement, les coups, les cris… rien ne peut ni ne doit être oublié. »

Dès son retour en France, le 23 mai 1945, elle s’inscrit à l’Institut d’études politiques de Paris. Elle y rencontra l’amour de sa vie et son futur mari, Antoine Veil ; le couple aura trois fils. Menant de front vie de famille et vie professionnelle, elle deviendra magistrate. C’est sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing qu’elle rejoindra le gouvernement de Jacques Chirac, au poste de ministre de la Santé, et ce de 1974 à 1979. Nous lui devons la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), qui dépénalise l’avortement en France. Entrée en vigueur dès 1975, et incarnant cette liberté de faire « un enfant si je veux quand je veux » ainsi que le revendiquaient les féministes de mai 68, cette loi est depuis lors sujette à de nombreuses controverses. Ce fut probablement le combat le plus visible, le plus ardu et le plus exemplaire jamais mené par Simone Veil, malgré les nombreuses menaces et intimidations qu’elle dut alors subir.

Elle poursuit son ascension politique au Parlement européen, où elle occupera le poste de présidente, de 1979 à 1982. Successivement ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement d’Édouard Balladur en 1993, puis membre du Conseil Constitutionnel entre 1998 et 2007, elle fut également présidente de la Fondation pour la mémoire de la Shoah. Disparue le 30 juin 2017 à l’âge de 89 ans, le Panthéon aura le privilège de l’accueillir dimanche, pour son dernier voyage, auprès de son époux Antoine. Nous retiendrons cette phrase extraite de l’éloge prononcé en 2010 par Jean d’Ormesson, alors que Simone Veil entrait à l’Académie française :

« Il y a en vous comme un secret : vous êtes la tradition même et la modernité incarnée. Je vous regarde, Madame, vous me faites penser à ces grandes dames d’autrefois dont la dignité et l’allure imposaient le respect. […] Je baisse la voix, on pourrait nous entendre : comme l’immense majorité des Français, nous vous aimons, Madame. Soyez la bienvenue au fauteuil de Racine qui parlait si bien de l’amour. »

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Antoine et Simone Veil © DR

 

Le mercredi 4 juillet, découvrez en famille, l’histoire de Simone Veil au Panthéon !
Visite pour les jeunes en famille
Entrée et visites gratuites
Horaires: 11h, 12h, 14h, 15h, 16h et 17h

Réservation obligatoire : reservations.pantheon@monuments-nationaux.fr
Tel : 01 44 32 18 04 / 05

 

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A propos de l’auteur Raphaèle Santamaria

La Rédac'

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