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Jusqu’au 7 juillet, la galerie Denise René a le plaisir de présenter une exposition personnelle de l’artiste suisse Christian Megert, ambassadeur de l’Art Zéro… On vous en dit plus ! 

Mais qu’est-ce que l’Art Zéro ? L’Art Zéro (s’articulant autour de deux composantes principales : la lumière et sa dynamique), voit le jour à la fin des années 50 et résulte de la volonté de deux jeunes artistes de Düsseldorf : Heinz Mack (artiste allemand diplômé de philosophie de l’Université de Cologne) et Otto Piene (peintre berlinois). Ils seront rejoints dès 1961 par le peintre et sculpteur allemand Günther Uecker. Nous voilà face à une génération d’artistes qui veut rompre avec ses prédécesseurs et leurs formes artistiques usées. En somme, repartir à zéro. Cette nouvelle conception de l’art de l’après-guerre, devenue l’un des plus importants mouvements d’avant-garde du XXe siècle, désigne une nouvelle ère artistique, un genre novateur qui s’affranchit des principes traditionnels de l’art. Alors que Heinz Mack traduit la lumière naturelle par des écrans transparents souvent striés, Otto Piene travaille la lumière électrique et les effets de projection que celle-ci permet. Günther Uecker, quant à lui, recouvre notamment des panneaux et objets divers de clous de différentes tailles, offrant ainsi une perception vibratoire de la lumière. Cet aspect évolutif et dynamique de leurs réalisations les a ainsi classés au chapitre de l’art cinétique (courant artistique proposant des œuvres dont certaines parties sont mouvantes, ces variations pouvant être produites par le vent, le soleil, un moteur ou le spectateur).


La galerie Denise René, créée en 1944 et réputée pour la finesse de ses choix en matière d’art contemporain, a grandement contribué à la révélation mondiale des courants de l’abstraction géométrique et du cinétisme. Aujourd’hui, elle présente Christian Megert, qui compte parmi les pionniers de cet art dit « zéro », né au milieu du XXe siècle. Il fait partie de cette génération d’artistes qui, dès le début des années 60, a eu à cœur de redéfinir les limites de l’art, et travaille depuis plus de cinquante ans avec des miroirs, transformant l’espace et transfigurant la perception à l’intérieur même de l’art plastique. Sa conception de l’art qui, bien avant l’arrivée d’internet et des réseaux sociaux, joue sur l’interaction avec le spectateur et son environnement, est étonnamment avant-gardiste. Auteur du manifeste Ein neuer Raum (Un nouvel espace), il revendique une zone dans laquelle on retrouverait « tous les problèmes liés à l’espace dans le passé et le futur (…)». Une volonté artistique traduite par le sentiment de neutralité qui se dégage de ses œuvres. Les miroirs sont vides, dénués de temporalité. Les « Spiegelräume » de Megert n’ont de sens qu’avec le reflet du spectateur qui s’y regarde et qui y voit des reflets de son environnement. Un écho aux dires du peintre, plasticien et homme de lettres français Marcel Duchamp, premier artiste à considérer comme indispensable « la part décisive du spectateur dans la constitution d’une œuvre d’art ».

Carré ou rond, fragmenté ou d’un seul tenant, orienté, superposé, le miroir se sépare de son usage initial : la fonctionnalité. Forcé de se déplacer, le spectateur découvre alors de multiples points de vue, décuplant ainsi le champ des possibles en matière de perception spatiale. Entre utopie, lumière, mouvement et dynamisme, l’art de Christian Megert se vit comme un rêve éveillé…

« Le miroir se souvient des visages
le miroir se souvient des milliers des visages
qui se sont posés sur lui
comme des papillons, un instant, sur leur reflet
se posent, puis mortels sont emportés
par le vent qui les efface […] »

Le miroir, Jean Joubert.

Christian Megert
Du 17 mai au 7 juillet

Galerie Denise René
196, boulevard Saint-Germain
75007 Paris

Du mardi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 19h
Le samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h

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A propos de l’auteur Raphaèle Santamaria

La Rédac'

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