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Elle fait rêver les touristes du monde entier. Et pourtant… la ville de Paris révèle un passé tumultueux, à l’image de ses nombreuses rues aux noms insolites et pour le moins… cocasses ! Et si nous partions à la découverte des dessous de la ville Lumière ? 

Si la rue du Poil-au-Con a changé de nom pour adopter l’appellation bien plus élégante de rue Pélican, ou que la rue Dussoubs n’a pas assumé bien longtemps le terme de rue Gratte-Cul, ce n’est pas par hasard… Avant la loi Marthe Richard, entrée en vigueur le 6 novembre 1946, Paris regorgeait de maisons closes et les noms attribués aux rues de la ville ne faisaient que révéler l’activité qui y régnait. Cela laisse songeur… Alors que le soleil semble de nouveau pointer le bout de son nez, la tentation de partir à la découverte de ces rues aux histoires atypiques nous chatouille…

Parmi le florilège des noms de rues, dont la seule évocation éveille en nous poésie et délicatesse, comme la rue du Tire-Boudin (devenue la rue Marie Stuart), se trouvent la rue Taille-Pain (aujourd’hui disparue) et la rue Brise-Miche qui ont particulièrement attiré notre attention… Et pourtant… Contrairement aux idées préconçues qui pourraient germer dans votre esprit, leur appellation n’est pas due aux nombreuses filles de joie qui s’y baladaient, mais à la distribution des pains ou miches aux chanoines de la collégiale de Saint-Merri. Tout de même, un peu de respect… Poursuivons notre balade culturelle par la rue Beaubourg, qui, au début du XIXe siècle, répondait au doux nom de Trace-Putain, haut lieu de prostitution depuis le XIIIe siècle. Et que dire de la rue des Deux-Boules si ce n’est qu’elle nous laisse sans voix ? Pourtant, une fois encore, son nom vient d’une enseigne qui s’y trouvait, celle de Guillaume Porée, dite des Deux-Boules ! La rue Lassus et la rue Fessart, quant à elles, se côtoient joyeusement dans le 19e arrondissement. La première porte le nom de l’architecte Jean-Baptiste Antoine Lassus (1807-1857), qui y construisit l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville située à proximité. La seconde, quant à elle, porte le nom de M. Fessart, le propriétaire des immeubles avoisinants. Des noms de famille pas simples à assumer, vous en conviendrez…

Laissons donc là ces grivoiseries et dirigeons-nous vers la rue des Vertus qui aurait été nommée ainsi par opposition railleuse à « l’espèce de femmes qui depuis longtemps habitent cette ruelle, et ne font pas profession de vertus bien farouches ». Que diable ! Poursuivons par la rue du Bout-du-Monde (devenue rue Léopold-Bellan), par celle des Boulets (type de charbon distribué sous forme de palets aux habitants pour se chauffer et cuisiner) ou, pourquoi pas, vers la rue du Chat-qui-Pêche (du nom d’une enseigne qui s’y trouvait au XVIe siècle).  Et que vous inspirent la rue des Mauvais-Garçons, celle de la Grande Truanderie ou la rue Vide-Gousset ? Rien de rassurant ! En effet, le nom de la première viendrait des bandits et aventuriers français et italiens qui pillèrent Paris, lors de la captivité de François Ier. La seconde tient son nom des vauriens et diseurs de bonne aventure qui l’occupaient… et la dernière des nombreux vols qui y furent commis sur les rares habitants de ce quartier au cours du XVIIe siècle… Prenez garde à vos effets personnels !

Ouf ! La journée a été intense ! Achevons cette balade historique par une parenthèse de douceur : le passage Dieu (qui, cela dit en passant, n’a rien de mystique puisqu’il s’agit du nom du propriétaire du terrain sur lequel il fut ouvert au XIXe siècle). Mais malheur ! Ce dernier est relié à l’Impasse Satan, qui, Dieu soit loué, n’a droit qu’à une voie sans issue ! Décidément… Paris n’a pas fini de nous surprendre !

  • Rue du Poil-au-Con, devenue rue Pélican (1er arr., quartier des Halles)
  • Rue Gratte-cul, devenue rue Dussoubs (2e arr., quartier Bonne-Nouvelle)
  • Rue du Tire-Boudin, devenue rue Marie-Stuart (2e arr., quartier Bonne-Nouvelle)
  • Rue Brise-Miche (4e arr., quartier Saint-Merri)
  • Rue Taille-Pain, disparue par l’élargissement de la rue Brise-Miche (4e arr., quartier Saint-Merri)
  • Rue Trace-Putain, devenue rue Beaubourg (6e et 7e arr., quartier Saint-Martin-des-Champs et quartier Sainte-Avoye)
  • Rue des Deux-Boules (1er arr., quartier Saint-Germain l’Auxerrois)
  • Rue Lassus (19e arr., quartier Amérique)
  • Rue Fessart (19e arr., quartier Amérique)
  • Rue des Vertus (3e arr., quartier Arts-et-Métiers)
  • Rue du Bout-du-Monde, devenue rue Léopold-Bellan  (2e arr., quartier Bonne-Nouvelle)
  • Rue des Boulets (11e arr., quartier Sainte-Marguerite)
  • Rue du Chat-qui-Pêche (5e arr., quartier de la Sorbonne)
  • Rue des Mauvais-Garçons (4e arr., quartier Saint-Gervais)
  • Rue de la Grande Truanderie (1er arr., quartier des Halles)
  • Rue Vide-Gousset (2e arr., quartier Vivienne)
  • Passage Dieu (20e arr., quartier de Charonne)
  • Impasse Satan (20e arr., quartier de Charonne)

Et pour que Paris n’ait presque plus aucun secret pour vous, vous pouvez consulter la fabuleuse carte interactive « Paristique » de Guillaume Derolez, ici !

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A propos de l’auteur Raphaèle Santamaria

La Rédac'

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