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Le Mémorial de la Shoah de Drancy présente, jusqu’au 15 avril 2018, l’exposition « Drancy, au seuil de l’enfer – les dessins de Georges Horan-Koiransky », ancien déporté. Un moment poignant… 

Le département de la Seine-Saint-Denis a été profondément marqué par la Seconde Guerre mondiale. Le Fort dit « de Romainville » aux Lilas, réquisitionné par les Allemands en 1940 pour en faire un camp d’internement, le quai à bestiaux de Pantin, utilisé en 1944 comme point de départ des convois ferroviaires vers les camps de Ravensbrück et de Buchenwald et… le camp d’internement et de déportation de Drancy qui, entre 1941 et 1944, parquait les victimes en attendant de les expédier vers les camps d’extermination, Auschwitz majoritairement.

Georges Horan, né à Saint-Pétersbourg en 1894, naturalisé français en 1925 et décédé en 1986 fait partie des personnes figurant sur l’effroyable et interminable liste des internés du camp de Drancy, avant d’être déplacé au camp de Pithiviers puis au camp de Beaune-la-Rolande. Mais Georges Horan était avant tout un mari, un père et un dessinateur industriel de talent.  S’il n’a pas rencontré le succès de son vivant, son recueil Le camp de Drancy (seuil de l’enfer juif) n’ayant été publié sous le pseudonyme Georges Koiransky qu’en 1947, son œuvre nous délivre aujourd’hui une vision déchirante de la réalité de l’époque, à travers une exposition rendue possible par ses proches. Les illustrations racontent un quotidien devenu routinier pour les prisonniers de l’époque, toujours insoutenable à nos yeux.

L’exposition présente 56 de ses estampes, réalisées à Drancy et publiées deux ans après la Libération de la France, mais également courriers clandestins et officiels, croquis, photographies et un journal personnel inédit, écrit en 1943. Interné pendant près de 8 mois, c’est à son arrivée au camp, le 12 juillet 1942, qu’il rencontre René Blum (frère du célèbre homme d’État, Léon Blum), qui lui demande de dessiner pour témoigner. Ainsi émerge l’idée d’un travail de sauvegarde de ces moments de vie tragiques. Blum ne reviendra jamais du camp. Les dessins et croquis du survivant constituent un héritage précieux : pénibilité des conditions de vie, malnutrition, désœuvrement, corvées, arrivée des enfants par train, nouvelles déportations mais aussi moments de solidarité et de partage entre les prisonniers… Les estampes réalisées à partir de différents matériaux et selon diverses techniques (crayon, stylo, pastel, craie, huile…) sont criantes de vérité et provoquent une émotion palpable.

« Drancy, au seuil de l’enfer » offre un témoignage unique des conditions de vie des internés du camp de Drancy lors de la Seconde Guerre mondiale, et nous permet de comprendre, de la façon la plus juste qui soit, cette période dramatique de notre Histoire. L’art, une arme contre l’oubli, un hommage à tous ceux qui n’en sont jamais revenus.

Drancy, au seuil de l’enfer, dessins de Georges Horan-Koiransky
Jusqu’au 15 avril 2018
Tous les jours sauf le vendredi et le samedi, de 10h à 18h

Mémorial de la Shoah de Drancy
110-112, avenue Jean Jaurès
93700 Drancy

Informations supplémentaires, ici.

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A propos de l’auteur Raphaèle Santamaria

La Rédac'

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