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Jusqu’au 18 mars 2018, le tréfonds de l’âme de personnes atteintes de troubles psychiatriques au XIXe siècle se dévoile à travers leurs créations artistiques, dans le cadre de l’exposition « La Folie en tête – Aux racines de l’art brut »… 

Dans la lignée d’ « Entrée des médiums » de 2012, l’exposition présentée aujourd’hui par la Maison de Victor Hugo poursuit sa quête tendant à lever le voile sur les réalisations artistiques ayant germé au cours de XIXe siècle. Entre la fin de la période des Lumières et les prémices du romantisme, un regard nouveau est porté sur l’altération mentale, les psychiatres incitant leurs patients à la création à des fins thérapeutiques. Ancrée dans la vie de Victor Hugo, frappé lui aussi par la maladie mentale de son frère Eugène mais également de sa fille Adèle, l’altération mentale a parfois su ouvrir la voie à une extraordinaire créativité, révélant alors un art nouveau, qualifié d’Art Brut par Jean Dubuffet dès 1945. Les psychiatres en seront les premiers collectionneurs, les émanations artistiques de leurs patients glissant imperceptiblement de cas d’étude à œuvre d’art…

Loin de verser dans ce qui aurait pu être interprété comme une exposition aux allures de voyeurisme, il est ici question d’hommage… et de reconnaissance faite à ces personnes en tant qu’artistes à part entière, comme avait pu le faire le commissaire d’exposition suisse Harald Szeemann, qui, en 1963, présentait les réalisations de deux personnes atteintes de troubles psychiatriques (Adolf Wölfli et H. A. Müller) au Kunstmuseum de Berne ainsi qu’à Bâle. Le parcours proposé s’organise chronologiquement à travers quatre collections européennes emblématiques : collection du Dr Browne Crichton (Royal Hospital, dans la ville écossaise de Dumfries), collection du Dr Auguste Marie (Asile de Villejuif), collection Walter Morgenthaler (Asile de la Waldau près de Berne) et collection Prinzhorn (Hôpital psychiatrique de l’Université de Heidelberg).

En tout, ce sont près de 200 œuvres qui sont présentées, certaines réalisées en cachette, d’autres sur les murs des asiles ou sur des supports chinés au hasard. Dessins, peintures, broderies et objets sont exposés, révélant toute la beauté de cet art brut reconnu après la Première Guerre mondiale et ayant inspiré nombre d’artistes avant-gardistes au XXsiècle, comme Le Voyageur Français, August Klett et Adolf Wölfli…

« L’art ne vient pas dans les lits qu’on a faits pour lui ; il se sauve aussitôt qu’on prononce son nom : ce qu’il aime c’est l’incognito. Ses meilleurs moments sont quand il oublie comment il s’appelle. »  Jean Dubuffet

La Folie en tête – Aux racines de l’art brut
Du 16 novembre 2017 au 18 mars 2018

Maison de Victor Hugo
6, place des Vosges
75004 Paris

Plus d’infos, ici !

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A propos de l’auteur Raphaèle Santamaria

La Rédac'

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